L'Amérique latine s'impose comme un acteur clé de l'industrie de la viande cultivée, portée par la dynamique de grandes entreprises et d'investisseurs stratégiques. En 2022, la région a généré 29,7 millions de dollars (23,5 millions de livres sterling) de revenus liés à la viande cultivée, ce qui représente 12 % du marché mondial. D'ici 2030, ce chiffre devrait atteindre 688,1 millions de dollars (545 millions de livres sterling).
Parmi les principaux investisseurs figurent :
- JBS : Premier investisseur avec un engagement de 100 millions de dollars (79 millions de livres sterling), axé sur les infrastructures et la prise de participation directe, incluant un site de production en Espagne et un centre de R&D au Brésil.
- BRF S.A. : A investi 2,5 millions de dollars (2 millions de livres sterling) dans Aleph Farms, en se concentrant sur les steaks de bœuf cultivé et les partenariats stratégiques.
- Minerva Foods : Privilégie les partenariats de distribution plutôt que les investissements directs, en s'appuyant sur l'efficacité de sa chaîne d'approvisionnement.
- Marfrig Global Foods : Reste concentrée sur ses activités de viande conventionnelle, tout en maintenant une exposition indirecte à la viande cultivée via sa participation dans BRF.
- Capital-risque et secteur public : Des investissements à plus petite échelle, tels que 320 000 dollars (256 000 livres sterling) pour la start-up péruvienne Veef, visant à soutenir l'innovation locale.
Chaque acteur déploie des stratégies distinctes, allant du développement d'infrastructures aux partenariats et au financement d'amorçage, façonnant ainsi l'avenir de la viande cultivée dans la région.
Principaux investisseurs dans la viande cultivée en Amérique latine : comparaison des volumes d'investissement et des stratégies
1. JBS
Échelle d'investissement
JBS a réalisé une percée majeure dans le secteur de la viande cultivée avec un investissement d'envergure de 100 millions de dollars (79 millions de livres sterling), constituant le plus important investissement individuel jamais réalisé dans cette industrie par une entreprise latino-américaine [2]. À titre de comparaison, son concurrent régional BRF a injecté un montant comparativement modeste de 2,5 millions de dollars (2 millions de livres sterling) pour acquérir une participation minoritaire dans la start-up israélienne Aleph Farms [3]. Sur l'enveloppe totale de JBS, 41 millions de dollars (32 millions de livres sterling) ont été alloués à la construction d'un site de production en Espagne, doté d'une capacité initiale de 1 000 tonnes par an [2].
Axe stratégique principal
JBS adopte une approche différente de celle des autres grands transformateurs de viande. Alors que nombre d'entreprises privilégient des prises de participation minoritaires dans des start-ups, JBS mise sur l'acquisition de parts majoritaires et l'investissement direct dans les infrastructures. En novembre 2021, la société a acquis une participation majoritaire dans BioTech Foods, une entreprise espagnole de viande cultivée, lui offrant un accès direct à une technologie de production avancée [2]. Comme l'a déclaré le PDG mondial de JBS, Gilberto Tomazoni :
Lorsque nous nous lançons dans une activité, c'est pour y occuper une position de leader [2].
Cette ambition sous-tend la stratégie de l'entreprise visant à s'imposer sur le marché de la viande cultivée.
Portée régionale
JBS s'appuie sur ses investissements pour étendre sa présence internationale tout en ciblant l'Amérique latine. Bien que son site de production soit implanté en Espagne, l'entreprise a débuté en septembre 2023 la construction d'un centre de R&D dédié à Florianópolis, au Brésil [3]. Cette initiative permet à JBS d'adapter la technologie de la viande cultivée spécifiquement aux marchés d'Amérique latine, en tirant parti de son statut de premier transformateur de viande au monde.
Motivations stratégiques
La stratégie de JBS traduit sa volonté de se diversifier au-delà des protéines traditionnelles. En intégrant des technologies internationales à ses opérations régionales, l'entreprise se positionne pour piloter l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, de la recherche à la production et à la distribution [3]. Cette démarche s'inscrit dans son expansion plus large vers les protéines alternatives, marquée par des acquisitions telles que Vivera pour 341 millions d'euros (286 millions de livres sterling) en 2021 et The Vegetarian Butcher auprès d'Unilever en mars 2025 [2][3]. Ces opérations soulignent l'engagement de JBS à restructurer son portefeuille pour l'avenir.
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2. BRF S.A.
Volume d'investissement
BRF S.A. a franchi une étape calculée dans le secteur de la viande cultivée en investissant 2,5 millions de dollars (2 millions de livres sterling) dans la start-up israélienne Aleph Farms. Cette prise de participation s'inscrivait dans le cadre d'un tour de table plus vaste de 105 millions de dollars (83 millions de livres sterling) en juillet 2021. Contrairement à certains concurrents, la démarche de BRF reflète une approche plus mesurée, privilégiant un partenariat ciblé plutôt qu'une dispersion des investissements. Cette initiative a fait suite à un protocole d'accord signé en mars 2021, désignant BRF comme partenaire pour le codéveloppement et la distribution de bœuf cultivé au Brésil [4].
Priorité stratégique
Avec son investissement dans Aleph Farms, BRF a ciblé en priorité les steaks de bœuf cultivé. Au lieu de diversifier son portefeuille, l'entreprise a choisi de se concentrer sur ce produit spécifique en exploitant la plateforme BioFarm d'Aleph Farms. Cette plateforme utilise des lignées cellulaires sans OGM et se passe de sérum fœtal bovin, permettant la production de viande cultivée en seulement trois à quatre semaines — un délai considérablement plus court que les quelque deux années nécessaires à l'élevage bovin traditionnel [4]. Cette efficacité met en lumière les différences fondamentales lors de la comparaison entre viande cultivée et viande traditionnelle en matière de vitesse de production et d'utilisation des ressources. Comme l'a expliqué Sergio Pinto, directeur de l'innovation chez BRF :
Nous sommes une entreprise agroalimentaire qui investit dans des technologies de pointe, tout en respectant et intégrant les nouvelles tendances liées à la durabilité sociale et environnementale. En produisant de la viande cultivée durable et de haute qualité, nous pouvons affirmer davantage notre rôle d'acteurs de la transformation de l'industrie agroalimentaire. [4]
Portée régionale
BRF s'appuie sur son chiffre d'affaires substantiel – environ 7,25 milliards de dollars (5,7 milliards de livres sterling) – et sur son portefeuille de plus de 30 marques pour se concentrer initialement sur le Brésil. En tant que premier exportateur mondial de viande bovine, représentant 20 % des exportations mondiales, le Brésil constitue un marché clé pour les initiatives de BRF dans le domaine du bœuf cultivé. L'entreprise prévoit également d'étendre son offre à l'ensemble de l'Amérique latine. Pour soutenir cette démarche, BRF collabore activement avec les organismes de réglementation brésiliens, notamment le ministère de l'Agriculture (MAPA) et l'ANVISA, afin de contribuer à l'élaboration du cadre réglementaire nécessaire à l'approbation de la viande cultivée [4].
Motivations stratégiques
BRF considère la viande cultivée comme une pierre angulaire de sa stratégie visant à diversifier son offre de protéines, à s'attaquer aux enjeux environnementaux tels que la déforestation en Amazonie et à aligner sa croissance sur des objectifs de durabilité. Évoquant les ambitions de l'entreprise, le PDG Lorival Luz a déclaré :
BRF est prête à jouer un rôle de premier plan dans cette révolution alimentaire et à être un acteur engagé de l'une des plus grandes transformations industrielles de cette génération. [3]
Cette initiative vient compléter la marque d'alternatives végétales existante de l'entreprise, Sadia Veg & Tal, créant ainsi un portefeuille complet qui englobe la viande traditionnelle, les options végétales et la viande cultivée. De cette manière, BRF répond tant aux attentes des consommateurs qu'aux défis urgents de durabilité qui redéfinissent l'industrie agroalimentaire en Amérique latine.
3. Minerva Foods

Envergure des investissements
Minerva Foods adopte une approche différente de celle de JBS et BRF, en privilégiant les partenariats plutôt que les investissements directs dans des start-ups de viande cultivée. L'entreprise canalise ses investissements par le biais de l'Upload Growth Fund, évitant ainsi les prises de participation directes. Ce fonds, géré par Upload Ventures et soutenu par TIM Brasil, rassemble des investisseurs institutionnels du Brésil et des États-Unis. Minerva Foods s'appuie sur cette collaboration pour renforcer sa chaîne de valeur grâce à des solutions technologiques B2B destinées à améliorer la compétitivité et la productivité de ses opérations [5].
Orientation principale
Plutôt que de développer la technologie en interne, Minerva Foods s'est associée à la start-up israélienne Aleph Farms en tant que distributeur. Cette collaboration permet à Minerva de s'appuyer sur sa présence commerciale établie à travers l'Amérique du Sud pour commercialiser des produits de viande cultivée.
Portée régionale
En tant qu'exportateur majeur de viande bovine, Minerva Foods s'appuie sur son vaste réseau de distribution et ses solides partenariats avec la grande distribution pour connecter les producteurs de viande cultivée aux consommateurs d'Amérique latine. Au lieu d'investir dans une technologie propriétaire, l'entreprise se concentre sur l'exploitation de sa chaîne d'approvisionnement bien établie pour mettre la viande cultivée sur le marché.
Motivations stratégiques
Pour Minerva Foods, les protéines alternatives représentent une opportunité de pénétrer de nouveaux marchés et segments démographiques tout en répondant aux défis de durabilité par rapport à la viande bovine. En capitalisant sur ses atouts fondamentaux dans la production et la distribution alimentaires, l'entreprise se positionne pour tirer parti de la croissance du marché de la viande cultivée. Cette stratégie illustre la diversité des approches adoptées par les investisseurs latino-américains pour saisir les opportunités de ce secteur en pleine évolution.
4. Marfrig Global Foods

Marfrig Global Foods adopte une démarche différente de celle de JBS, BRF et Minerva Foods, en privilégiant l'intégration verticale afin de renforcer son contrôle sur la production.
Échelle d'investissement
Au lieu d'investir directement dans la viande cultivée, Marfrig se concentre sur le renforcement de ses activités traditionnelles. En août 2023, l'entreprise a cédé 16 unités d'abattage de bovins et d'ovins réparties entre le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Chili à Minerva Foods pour un montant de 7,5 milliards de réaux. Une partie des recettes — entre 1,5 et 2 milliards de réaux — a été réinvestie dans ses activités d'élevage bovin [6].
Orientation principale
Marfrig s'attache à développer sa propre production bovine en exploitation, dans le but d'accroître la stabilité et la constance de ses produits. D'ici 2025, le groupe prévoit de faire passer la production en propre de 10 % à 25 %, avec pour objectif de transformer 8 400 têtes de bétail par jour. Ce plan s'aligne sur celui de sa filiale américaine, National Beef, qui opère déjà à cette échelle. Comme l'a expliqué Marcos Molina, l'actionnaire majoritaire :
Avec son propre abattage, il est possible d'avoir un meilleur contrôle de la chaîne de production que lorsqu'on s'en remet uniquement au marché spot. National Beef... parvient à obtenir davantage de stabilité et de qualité dans le produit [6].
Portée régionale
À la suite de ses cessions de 2023, Marfrig exploite désormais 11 unités d'abattage au Brésil, en Argentine et en Uruguay. L'entreprise met également l'accent sur la traçabilité à 100 % de tous les bovins transformés au sein de ses biomes d'exploitation d'ici 2025. Cette initiative vise à ouvrir l'accès à de nouveaux marchés internationaux. Marcos Molina a souligné les avantages de cette démarche :
Cela pourrait également aider le Brésil à s'ouvrir à bien d'autres marchés, à l'image de l'Uruguay, qui dispose d'une traçabilité intégrale et compte aujourd'hui 15 marchés de plus que le Brésil [6].
Motivations stratégiques
Bien que Marfrig n'ait pas directement investi dans la technologie de la viande cultivée, son accent sur la stabilité de la production s'inscrit en complémentarité avec l'évolution globale du secteur. Cette transition est détaillée dans notre feuille de route pour la viande cultivée. L'entreprise est par ailleurs indirectement liée à la viande cultivée via sa participation majoritaire dans BRF. Pour l'heure, ses priorités majeures demeurent la réduction des temps d'arrêt des usines et l'atteinte d'un taux d'utilisation supérieur à 90 %. Cette stratégie permet à Marfrig de préserver sa compétitivité sur un marché en mutation tout en maintenant son efficience opérationnelle.
5. Investisseurs publics et de capital-risque (Ahimsa Foundation, Sustainable Food Ventures, ProInnovate Peru)

Les sociétés de capital-risque et les agences gouvernementales jouent un rôle déterminant dans l'essor du secteur des protéines alternatives en Amérique latine. Bien que leur champ d'action ne se limite pas à la viande cultivée, leurs investissements au sein de l'écosystème food-tech au sens large établissent les bases nécessaires au développement des technologies de viande cultivée.
Volume d'investissement
En 2023/2024, Ahimsa Foundation, Sustainable Food Ventures et ProInnovate Peru se sont associés pour soutenir la start-up péruvienne de viande cultivée Peruvian Veef, levant ainsi 320 000 $ (environ 256 000 £). Ahimsa Foundation a mené ce tour de table en apportant son expertise acquise auprès d'innovateurs mondiaux de la food-tech. Sustainable Food Ventures, dirigé par Ryan Bethencourt, a rejoint l'opération en tant que co-investisseur, tandis que ProInnovate Peru a octroyé une subvention non dilutive dans le cadre du concours Startup Peru [7].
Axes prioritaires
Les priorités majeures de ces investisseurs portent sur la durabilité et la sécurité alimentaire. L'agriculture génère plus de 58 % des émissions de gaz à effet de serre en Amérique latine, et la demande alimentaire mondiale devrait croître de 80 % d'ici 2050 [8]. Le marché latino-américain des protéines alternatives devant progresser à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 10,54 % entre 2023 et 2030, les investisseurs d'amorçage bénéficient d'une opportunité unique de se positionner sur ce marché en pleine expansion [7]. Linda Obregon, cofondatrice et directrice scientifique (CSO) de Peruvian Veef, a souligné :
Nous sommes ravis qu'Ahimsa Foundation mène ce tour de table. Leur expertise et leurs réalisations dans le secteur s'alignent parfaitement avec notre ambition de concevoir des solutions durables et à fort impact pour l'industrie agroalimentaire [7].
Portée régionale
Ahimsa Foundation et Sustainable Food Ventures sont des fonds de capital-risque basés aux États-Unis disposant de portefeuilles internationaux. Ils ont notamment financé des pionniers de la viande cultivée tels qu'Upside Foods (anciennement Memphis Meats) et Finless Foods. De son côté, ProInnovate Peru concentre ses efforts sur l'innovation nationale, allouant des financements initiaux aux start-up péruviennes afin de les aider à développer leurs technologies propriétaires. Ces jeunes entreprises étendent ensuite régulièrement leurs activités vers d'autres marchés d'Amérique latine, tels que le Chili, la Colombie et le Mexique [7]. Ensemble, ces acteurs conjuguent compétences internationales et ancrage local pour consolider l'écosystème régional de la viande cultivée.
Motivations stratégiques
La collaboration entre le capital-risque privé et les financements publics crée un modèle dynamique pour accélérer l'innovation dans la food-tech au sein de la région. Les sociétés de capital-risque visent l'évolutivité et la transformation du marché, tandis que les subventions gouvernementales, comme celles de ProInnovate Peru, se concentrent sur la stimulation de la croissance économique locale et la réduction de la dépendance aux importations. Cette approche combinée prépare le terrain pour de futures initiatives de viande cultivée en développant les compétences, en bâtissant des infrastructures et en renforçant la sensibilisation du marché à travers l'Amérique latine [7].
Comparaison des approches d'investissement
Le secteur de la viande cultivée en Amérique latine illustre une variété de stratégies d'investissement, chacune adaptée à des objectifs et des forces spécifiques. Les acteurs établis tels que JBS et BRF S.A. tirent parti de leurs infrastructures et de leurs réseaux pour dominer un marché en pleine mutation, tandis que le capital-risque et les initiatives gouvernementales se concentrent sur l'innovation à plus petite échelle.
Engagements financiers
L'ampleur de l'engagement financier varie considérablement selon les investisseurs. Par exemple, JBS a pris une participation dans l'entreprise espagnole BioTech Foods et a entrepris la construction d'un centre de R&D dédié à la viande cultivée au Brésil dès septembre 2023, bien que les montants exacts de l'investissement n'aient pas été divulgués [3]. D'un autre côté, BRF S.A. a opté pour un modèle de partenariat stratégique, illustré par son investissement de 2,5 millions de dollars US dans Aleph Farms. En revanche, le soutien apporté par le capital-risque et le gouvernement à la start-up péruvienne Veef a permis de lever une somme comparativement modeste de 320 000 dollars US (environ 256 000 £), mettant en lumière l'écart frappant entre les financements institutionnels d'entreprise et les financements d'amorçage [7].
Approches stratégiques
Les stratégies adoptées par ces investisseurs diffèrent également de manière substantielle. JBS privilégie la détention directe et investit massivement dans les infrastructures pour consolider sa position sur le marché mondial. BRF S.A., en revanche, préfère établir des partenariats pour introduire des innovations étrangères au Brésil. Comme l'a souligné le PDG de BRF, Lorival Luz :
BRF est prête et déterminée à jouer un rôle de premier plan dans cette révolution alimentaire et à participer activement à l'une des plus grandes transformations industrielles et avancées économiques de cette génération [3].
Parallèlement, le capital-risque et les financements publics accordent la priorité à l'innovation en phase de démarrage, avec des initiatives telles que le programme péruvien ProInnovate visant à stimuler les avancées technologiques nationales dans le domaine plus large de l'agriculture cellulaire et de la viande cultivée [7].
Vue d'ensemble comparative
| Investisseur | Échelle de l'investissement | Axe principal | Couverture régionale | Motivation principale |
|---|---|---|---|---|
| JBS | Importante (non divulguée) | Développement des infrastructures et participation dans BioTech Foods | Mondiale (Brésil, Europe, États-Unis) | Leadership sur le marché et avancées en R&D [3] |
| BRF S.A. | Modérée (2,5 millions $ US) | Partenariat avec Aleph Farms | Brésil | Pionnier de la transformation de l'industrie [3] |
| Marfrig | Implication indirecte | Opérations traditionnelles avec lien indirect avec BRF | Amériques (Brésil, États-Unis, Canada) | Stabilité et intégration verticale [6] |
| Capital-risque / Gouvernement | Faible (320 000 $ US / 256 000 £) | Soutien aux start-ups en phase d'amorçage | Pérou | Promotion de l'innovation nationale [7] |
Orientation régionale
JBS opère à l'échelle mondiale, avec une présence au Brésil, en Europe et aux États-Unis, tandis que BRF S.A. se concentre principalement sur le marché brésilien [3]. En revanche, les fonds de capital-risque et les initiatives gouvernementales ciblent la croissance intérieure en soutenant des start-ups dans des pays comme le Pérou [7].
Ces approches contrastées soulignent la manière dont les entreprises établies et les investisseurs d'amorçage alignent leurs stratégies sur les besoins des marchés locaux et mondiaux. Ensemble, ils façonnent le paysage en pleine évolution des investissements dans la viande cultivée en Amérique latine, ouvrant la voie aux développements futurs de ce secteur émergent.
Conclusion
L'industrie de la viande cultivée en Amérique latine évolue à travers différents niveaux d'investissement, avec des acteurs majeurs comme JBS et BRF qui redéfinissent l'approche de la région. Ces entreprises ont engagé des ressources considérables dans les infrastructures et la recherche, propulsant le secteur vers l'avant [3].
En 2022, la région a généré 29,7 millions $ US (23,5 millions £) de revenus dans le domaine de la viande cultivée, représentant 12,0 % du marché mondial. La dynamique mondiale de l'industrie suggère que ce chiffre pourrait atteindre 688,1 millions $ US (545 millions £) d'ici 2030 [1]. Cette croissance remarquable met en évidence une évolution dans la canalisation des investissements à travers l'Amérique latine.
Contrairement à d'autres régions, le secteur y est largement mené par des producteurs de viande établis cherchant à élargir leur portefeuille de protéines [3]. En collaborant avec des entreprises de biotechnologie d'Israël et d'Europe, des sociétés comme JBS et BRF adoptent des technologies éprouvées au lieu de les développer à partir de zéro.
Grâce à des infrastructures solides et à des partenariats internationaux en place, la région est parfaitement positionnée pour une expansion rapide du marché dès l'obtention des approbations réglementaires. En s'appuyant sur des réseaux de distribution établis, des installations de recherche locales et des alliances stratégiques, l'Amérique latine se prépare à devenir une force concurrentielle sur le marché mondial de la viande cultivée [1] [3].
FAQ
Pourquoi l'Amérique latine investit-elle massivement dans la viande cultivée dès maintenant ?
L'Amérique latine concentre d'importants investissements dans la viande cultivée, portée par un engagement résolu en faveur de solutions alimentaires durables. Cette démarche répond également aux préoccupations concernant l'impact environnemental de la production de viande traditionnelle. La région est devenue un pôle d'attraction pour des start-ups émergentes qui œuvrent à façonner un avenir alimentaire plus durable.
En quoi les stratégies d'investissement diffèrent-elles entre JBS, BRF et Minerva Foods ?
Les stratégies d'investissement dans la viande cultivée révèlent des approches bien distinctes entre JBS, BRF et Minerva Foods.
JBS s'est engagée sans réserve, mobilisant la somme substantielle de 100 millions de dollars pour acquérir une entreprise de viande cultivée et établir les infrastructures de soutien. De son côté, BRF a privilégié une trajectoire plus mesurée, explorant à la fois les alternatives cultivées et végétales, tout en évitant les acquisitions directes. Enfin, Minerva Foods semble être à un stade préliminaire, sans investissements publics ou acquisitions notables à ce jour dans le domaine de la viande cultivée.
Quelles sont les conditions nécessaires à une large commercialisation de la viande cultivée en Amérique latine ?
Pour que la viande cultivée devienne accessible à travers l'Amérique latine, plusieurs conditions doivent être réunies. L'une des priorités majeures réside dans la stimulation des investissements, qu'ils proviennent d'entreprises privées ou d'initiatives publiques. Il est tout aussi essentiel d'établir des cadres réglementaires capables de faciliter l'homologation de ces produits, tout en garantissant leur conformité aux normes de sécurité et de qualité.
La sensibilisation des consommateurs constitue un autre aspect fondamental. Il est indispensable d'expliquer ce qu'est la viande cultivée, son procédé de fabrication et les raisons pour lesquelles elle représente une alternative viable, afin de bâtir la confiance et de susciter l'intérêt du marché. Parallèlement, des défis tels que le passage à l'échelle industrielle de la production et la réduction des coûts doivent être relevés pour rendre ces produits abordables et largement disponibles dans toute la région.